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Mon séjour au Guatemala en 2005, a littéralement changé ma vie. En effet, de retour au Québec, j’ai vécu une métamorphose ! J’ai d’abord changé d’emploi, opté pour un travail à temps partiel, vendu ma voiture, donné les objets dont je ne me servais plus, cessé de consommer inutilement et débuté un jumelage avec une immigrante hispanophone. Bien que tout cela ne se soit pas produit du jour au lendemain, je sais que la source de tous ces changements se trouve, quelque part au Guatemala. En fait, c’est surtout ma façon de voir les choses qui a changé. Ce fut pour moi une école de vie, d’où j’ai pu tirer trois leçons importantes. La leçon d’humilité Avant mon départ du Québec, je disais à mon entourage que je partais en « mission humanitaire » ; somme toute un peu pompeux pour ma contribution globale. Il serait plus juste de dire que je suis allée donne un coup de pouce. Je me suis rendue compte en côtoyant Roger, que ce sont des gens comme lui qui sont les réels bâtisseurs et instigateurs de ces projets. La leçon du danger de « bien paraître » Pour bien paraître, avant mon départ, j’avais appris, à la sauvette, quelques mots d’espagnol et ce, sans grande conviction. Mais cela m’a joué un tour, car je me suis surprise à vouloir converser avec les gens du pays et les responsables de chantiers…Je me reprendrai lors de mon prochain séjour en 2009. La leçon du « don vrai » J’ai contracté une dette au Guatemala. Pas financière, non, si ce n’était que cela. Pis encore, une dette humaine, envers un enfant. Un soir, il était venu à ma table au restaurant, non pas pour me demander de l’argent, mais pour partager mon repas avec lui. J’ai refusé. Mes principes nord-américains ont pris le dessus et m’ont dictés que cela ne se demande pas au restaurant ! Il est reparti. Pour ma part, ma culpabilité m’a coupé l’appétit. Je me suis alors empressée de le retrouver dans la rue, mais en vain. J’ai donc trouvé un autre petit garçon pour lui demander s’il voulait partager mon repas. Il a dit oui tout de suite, mais il était trop tard. Je savais que je ne le faisais pas pour lui, mais pour moi ; pour étouffer cet énorme sentiment de culpabilité. J’ai alors compris, qu’il m’avait été facile durant toutes ces années, de prendre un crayon et un chéquier, confortablement assise dans mon foyer pour faire un don en argent. Lors de cet événement, j’ai réellement passé à côté du plus beau don qui soit. Guylaine |