Un autre mot d'une participante du PBP-1
PÉROU, BOLIVIE, PARAGUAY…..
De quoi parlons-nous? D’un voyage? D’une
mission? D’une récompense pour l’implication au Guatemala?
D’une expérience humaine?
C’est en fait une expérience humaine unique.
Difficile…. Enrichissante et quand on sait qu’on voyage
avec le padre Roger Fortin, unique et inimaginable.
Nous sommes 33 et avons choisi de faire partie du premier groupe, donc
très expérimental. Je spécifie pour que ceux qui
suivent n’aient pas trop peur…
Des ajustements majeurs seront faits….
Nous sommes donc 33 personnes pétantes d’énergie,
en bonne santé physique et mentale qui avons quitté le
Québec avec une grande quantité de bonne volonté
et presqu’autant de bagages.
Il faut noter qu’on aurait pu vivre avec moins de bagages mais
pas avec moins de tolérance.
PÉROU
Nous volons sur Lima et le voyage aurait été sans histoire
si nous n’avions oublié un des nôtres à l’aéroport.
Il transportait un gros sac de souliers trop neufs pour les douaniers….
Et étant en Amérique du Sud, c’est long….
Il s’est donc retrouvé avec 2 mots d’espagnol, tout
seul dans l’aéroport de Lima sans aucune idée où
était logé le groupe.
Soyez sans crainte, on l’a retrouvé.
Notre premier lieu de travail était à Ayacucho, très
jolie petite ville à 2700 mètres d’altitude et surtout
à 9 heures d’autobus de Lima.
Il faut vous dire que nous avons voyagé dans de beaux gros autobus
sur des routes relativement bien pavées. Mais il faut aussi ajouter
que 9 heures d’autobus , c’est long dans la Cordillière
des Andes, que c’est haut, que c’est croche, que la pression
doucement s’installe autour de notre tête, dans le fond
de nos orbites, qu’on respire difficilement. On a beau sortir
tous les “lypsil” achetés chez nous, nos lèvres
restent sèches, notre nez saignote….
Certains se disent : ¨Dans quelle galère
je me suis embarquée?¨ D’autres se disent: ¨C’est
haut en ….. ¨ et se demandent : ¨Pour l’amour du
ciel, pourquoi des humains s’installent aussi loin?¨
Nous sommes reçus par une famille chaleureuse,
généreuse… Ils ont terminé le béton
du dernier étage il y a peu de temps car il n’est pas tout
à fait sec. Ils ont posé les tuiles dans l’après-midi,
déballé 33 beaux matelas neufs dans les minutes qui ont
précédé notre arrivée….
On s’installe… Le padre court la ville, revient avec une
vingtaine de couvertures, des oreillers et plein d’autres choses.
Dans ce groupe, il y a des talents incroyables. En
dedans de 3 jours, ils ont réussi à faire des portes pour
les salles de bain, à installer des porte-serviettes, des crochets,
des miroirs, des portes de chambres, le tout dans le béton….
Ils ont épuisé toutes les mèches de ¨drill¨
de la ville.
Faut-il parler du travail à Ayacucho?
Épuisant, difficile, inimaginable dans notre pays… Uniquement
monter au chantier, à pied en haute altitude, te consomme presque
toutes tes énergies. Cela ne nous a pas empêchés
de creuser des fondations et une tranchée pour les égouts
dans de la roche, au pic et à la pelle, sous une chaleur accablante,
en haute altitude…. Mais nous avons accompli, à notre rythme,
petit à petit, avec beaucoup d’ampoules, une quantité
incroyable de travail.
À cause de l’altitude…. Et du peu
d’oxygène dont nous disposions… Nous devions monter
et monter à très petits pas vers le chantier. Nous avons,
avec ce trajet, développé une connivence avec tout le
village.
Que de ¨Buenos días¨ et que de ¨Buenas tardes¨
échangés….
Pour ceux qui viendront après nous, sachez que
ce travail difficile sera terminé… Parce que, en toute
humilité, les jeunes péruviens de 20 ans nous battaient
sur toute une longueur au pic et à la pelle. Cette première
étape sera terminée mais le chantier continuera et vous
travaillerez sur des fondations déjà terminées
pour parfaire ce Centre au service de jeunes de ce milieu défavorisé.
VISITES CULTURELLES
Encore ici faut-il parler d’un voyage? D’une
expédition? D’une expérience?
Nous avons eu la chance d’avoir un guide en ¨or¨, OSCAR
: homme généreux, super-organisé, connaissant et
aimant bien son pays…le seul problème, il pensait que nous
avions 30 ans….
Nous avons quadrillé le Pérou en autobus……Avons
vu des merveilles : Cusco, Machu Pichu (même sous la pluie, c’est
sublime ), Arequipa. Nous avons manqué mourir d’épuisement
à Chivay, le lac Titicaca, l’île d’Amantani.
Nous avons découvert un pays magnifique avec un groupe incroyable
et tout cela, malgré tous les malaises et toutes les difficultés
dus principalement à l’altitude et aux longues distances.
Soyez sans crainte, le padre veille au grain et a réduit de façon
considérable les longs trajets d’autobus sans pour autant
sacrifier les sites importants à visiter.
Enfin, le 2ème pays ¨LA BOLIVIE¨.
La Paz, cette ville si haute installée dans un entonnoir, avec
ses bidonvilles immenses qui l’encerclent : ¨El Alto¨
.
On ne peut rester insensible à toute cette grandeur, à
toute cette pauvreté, au nombre et à la couleur des jupes
enfilées les unes par dessus les autres des ¨cholitas¨,
aux rues si diffíciles à grimper et sutout à notre
manque constant d’oxygène….
On est ébahi… On est pétrifié… On se
demande si on aime? On se demande si on survivra?
Sommes-nous faits assez forts pour ce genre
d’expérience?
Tout le monde a hâte d’arriver à Valle Grande pour
travailler et enfin se reposer. Pour le 2ème lieu de travail,
nous avons un petit espoir… Dans ce nouveau 8 heures d’autobus,
entre Santa Cruz et Valle Grande, on se dit que l’orphelinat,
lui au moins, il est construit… Qu’il n’y a peut-être
pas trop de creusage et de transport de terre… Quelle illusion
!!!…
On nous attend les bras grand ouverts, le coeur généreux….
Mais les pics et les pelles bien en vue…
On construit une cuisine et une salle à manger… On recommence…..
On marche moins vite… On regarde un peu plus les fleurs, on sait
comment soigner les ampoules… Et surtout, on sait :
QU’ENSEMBLE, ON SERA CAPABLE…
À bientôt
Claudette Dupuis
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